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10 façons de mieux couvrir le terrain pour les journalistes locaux

Combiner le reportage traditionnel sur le terrain et les possibilités offertes par les services numériques modernes peut faire la différence entre un bon et un très bon journaliste.

journalistes locaux
[sskennel/Flickr. Certains droits réservés]

Les journalistes locaux se trouvent en première ligne. Armés de leurs carnets et de leur volonté, ils sont souvent les premiers sur place lorsque des événements surviennent. Ils se démènent pour servir leurs communautés et couvrir des informations que d’autres médias ignorent.

Les journalistes locaux se trouvent en première ligne. Armés de leurs carnets et de leur volonté, ils sont souvent les premiers sur place lorsque des événements surviennent. Ils se démènent pour servir leurs communautés et couvrir des informations que d’autres médias ignorent.

Voici 10 manières pour les journalistes locaux de prendre une longueur d’avance et d’être en contact avec les membres leurs communautés, en ligne.

Listes Twitter

Twitter reste la référence en matière d’information en temps réel. Il vaut donc la peine de prendre en main ce qui différencie les utilisateurs avertis des autres : les listes.

Si vous n’avez pas encore configuré de listes, le plus simple est de commencer par consulter celles des autres utilisateurs. Vous pouvez le faire par une simple recherche.

Vous recherchez une liste pour Sunderland ? ou Gainesville ? ou Dhaka ? Saisissez ceci dans la barre de recherche de Google :
“site:twitter.com/*/lists/Manchester”

Le moteur de recherche remplace l’astérisque par n’importe quel terme. Lorsque l’astérisque est placé dans l’espace réservé au nom d’utilisateur, Twitter propose dans les résultats toutes les listes publiques contenant Manchester dans leur titre.

Étudiez les listes d’autres utilisateurs et abonnez-vous aux personnes qui vous semblent intéressantes, mais observez aussi qui revient régulièrement dans les listes et qui partage des informations susceptibles de vous intéresser et créez votre propre liste. Ensuite, vous pouvez remarquer les utilisateurs souvent retweetés par ces comptes et ajuster votre liste pour qu’elle devienne votre source parfaite d’informations.

Que faire si vous ne trouvez pas de listes publiques pour votre zone géographique ? Essayez d’utiliser Followerwonk pour rechercher les mentions à la zone qui vous intéresse dans les biographies et ajoutez ces personnes à une liste que vous créez.

Tweetdeck

Tout journalisme travaillant en ligne devrait utiliser Tweetdeck. Cet outil offre la possibilité de mettre en place un tableau de bord en plusieurs colonnes pour suivre différents flux et fils d’actualités à la fois. Cela s’adapte parfaitement à l’utilisation de listes locales.

firstdraft_tweetdeck

Les listes ne parviennent pas toujours à repérer tous les échanges pertinents. Il est donc utile de configurer quelques colonnes à partir de recherches personnalisées. La meilleure façon de décomposer la collecte d’informations sur les réseaux sociaux, c’est de le faire par mot-clés et par localisations. Évidemment, le plus logique est de commencer par le nom du lieu lui-même.

Les noms de rues et les éléments de paysage significatifs peuvent également être utiles, avec ou sans hashtags. Toutefois, il est important de se souvenir de la manière dont les gens parlent lorsque des nouvelles sont révélées. Les journalistes tendent à penser en mots-clés, « accident de voiture sur la 5e avenue », mais une personne témoin d’un tel accident aura plutôt tendance à publier un tweet de ce genre : « Mon dieu, deux voitures viennent de se rentrer dedans sous mes yeux ».

Les pronoms et possessifs de la première personne (je, mon, ma, moi), les exclamations, les gros mots et les mots-clés tels que « fusillade » ou « tremblement de terre », par exemple, sont les plus susceptibles de donner des résultats pertinents lorsque vous recherchez des tweets relatifs à un événement.

La responsable de la zone EMEA de Twitter pour Moments, Joanna Geary, a rédigé un excellent guide pour les journalistes utilisant la plateforme dans le cadre de la campagne électorale au Royaume-Uni l’année dernière.

Vous pouvez également utiliser Tweetdeck pour rechercher des tweets géomarqués pour des lieux spécifiques.

Dans Google Maps, effectuer un clic droit et sélectionnez « Plus d’infos sur cet endroit » pour afficher les coordonnées géographiques, puis saisissez-les dans la barre de recherche de Tweetdeck en ajoutant « near: » et en supprimant l’espace au milieu, pour afficher des tweets géomarqués pour ce lieu.

Nous ne savons pas précisément quel est le rayon géographique pris en compte. Vous pouvez donc le définir vous-même en utilisant « within: » et la distance désirée en miles.
« near:48.841294,2.253006 within:0.1mi »

Vous avez ensuite la possibilité d’utiliser les options de colonne dans Tweetdeck pour filtrer vos résultats afin d’afficher uniquement les tweets avec image et vidéo ou selon le nombre de retweets ou de mentions « j’aime » reçues par un tweet, si nécessaire.

firstdraft_tweetdeck

Lorsqu’une personne armée à ouvert le feu au Umpqua Community College en octobre 2015, la recherche géomarquée « omg OR wtf AND shooting AND campus » aurait permis de trouver le tweet suivant :

Voilà de quelle manière un étudiant du Umpqua Community College, comme beaucoup d'autres, a utilisé Twitter lors d'une attaque en octobre 2015.

Voilà de quelle manière un étudiant du Umpqua Community College, comme beaucoup d’autres, a utilisé Twitter lors d’une attaque en octobre 2015.

Combiner ces astuces de géolocalisation dans Tweetdeck avec des mots-clés concernant un lieu ou un événement peut vous aider à trouver des tweets et des contacts pertinents.Toutefois, cela peut aussi donner lieu à trop de bruit pour être utile. Jouez avec les réglages et les combinaisons pour trouver ce qui fonctionne pour vous.

Géolocalisation

Twitter n’est pas le seul réseau social utilisant des données GPS pour donner la possibilité aux internautes d’indiquer leur position. Instagram, Flickr, VKontakte (réseau russe) ou Sina Weibo (réseau chinois), entre autres, proposent aussi cette fonctionnalité.

Yomapic et Echosec sont d’excellents outils gratuits pour effectuer des recherches par localisation, retrouver des publications d’Instagram et de Vkontakte ou de Twitter et Flickr, respectivement. Sélectionnez un point sur la carte et tracez une zone de recherche ou choisissez un rayon pour que les sites vous proposent des publications et des images relatives à cette zone géographique.

Capture d'écran de Yomapic affichant des publications Instagram géolocalisées autour de Covent Garden.

Capture d’écran de Yomapic affichant des publications Instagram géolocalisées autour de Covent Garden.

Il existe des outils plus puissants, toutefois ceux-ci ne sont pas gratuits. Geofeedia et SAM Desk, utilisés par des médias du monde entier, possèdent des fonctionnalités et des extensions, y compris destinés à la collecte d’informations, à la vérification et à la curation depuis une palette de réseaux sociaux. Cependant, ils sont pratiques uniquement pour les organes possèdent une audience assez grande et les moyens qui vont avec.

Facebook

Avec son statut de plus grand réseau social au monde, Facebook possède un potentiel sans égal pour aider les journalistes à trouver des sujets et des contacts. Toutefois, depuis que l’accès public au Graph Search (un cauchemar en matière de confidentialité des données) a été sévèrement limité, les options de recherche et de collecte d’informations sont fortement restreintes.

En septembre 2015, Mark Zuckerberg et consorts ont présenté Signal comme « un outil de découverte et de curation pour les journalistes ». Cependant, le tableau de bord présente de nombreuses limitations et il est fortement axé sur les États-Unis, bien que le pays ne représente que 17 % de la communauté Facebook.

Capture d'écran de Signal, l'appli de Facebook

Capture d’écran de Signal, l’appli de Facebook

Que pouvons-nous donc faire ?

Les groupes et les listes d’intérêt sont peut-être les meilleurs moyens de suivre des communautés et des pages sur Facebook pour débusquer des sujets. Définissez une liste d’intérêt en cliquant sur « Centres d’intérêt » dans la barre latérale de Facebook, puis ajoutez des pages consacrées à un sujet, ici des informations relatives au secteur médiatique. Vous obtenez ainsi un flux d’actualité personnalisé, similaire à une liste Twitter, pour Facebook, où s’affichent de manière chronologique les publications des pages sélectionnées.

Suivre des pages officielles ne présente qu’une utilité limitée, mais participer à des groupes et des communautés où les utilisateurs discutent de sujets qui les préoccupent ou expriment des doléances peut donner accès à des informations dont vous n’auriez pas connaissance. Effectuez une recherche à propos d’un lieu ou d’un sujet spécifique, puis sélectionnez « Groupes » dans les résultats et explorez les groupes disponibles.

Facebook a peut-être supprimé l’accès public à la fonctionnalité Graph Search, mais cela ne veut pas dire qu’elle n’est plus accessible. Michael Bazzell, du site Intel Techniques, spécialisé dans le renseignement de sources ouvertes, a créé un outil de recherche puissant, et franchement terrifiant, qui fonctionne de façon similaire à l’ancienne fonctionnalité Graph Search.

L’utilisation de tels outils soulève parfois de graves questions éthiques. Ne soyez donc pas surpris si une source est choquée que vous ayez trouvé sur son profil Facebook des informations qu’elle pensait masquées.

Instagram

En septembre 2015, Instagram a éclipsé Twitter au niveau du nombre d’utilisateurs réguliers. Il s’agit du réseau social de prédilection pour de nombreux jeunes internautes axés sur le visuel.

Vous pouvez organiser les comptes Instagram en listes spécifiques, comme sur Twitter ou Facebook, à l’aide d’Iconosquare. Une fois inscrit, dans le menu, cliquez sur « My Followings » et organiser les comptes que vous suivez en groupes spécifiques avant d’afficher chaque groupe sous forme de fil d’actualité.

Organisation de comptes Instagram en groupes au moyen d'Iconosquare.

Organisation de comptes Instagram en groupes au moyen d’Iconosquare.

Si vous pouvez effectuer des recherches sur Instagram avec Iconosquare, Gramfeed est une plateforme plus puissante qui permet d’y rechercher des publications par hashtag, compte utilisateur, mot-clé ou lieu.

If This Then That

If This Then That (communément appelé IFTTT, ou simplement IF) est un moyen extrêmement simple et efficace d’automatiser de nombreuses habitudes ou pratiques en ligne., tel un robot-majordome dont vous aviez besoin sans le savoir.

Lorsque vous vous intéressez à un événement, tel qu’une manifestation ou un discours politique, IF vous permet de créer automatiquement des listes Twitter à partir de chaque personne utilisant un hashtag ; d’enregistrer les tweets en question dans un Google Doc ; et même de recevoir par courrier électronique un résumé quotidien de tous les tweets provenant d’une localisation spécifique. La plupart de ces fonctionnalités sont également disponibles pour Instagram et peuvent être associées à d’autres services, tels que Dropbox, Facebook, Gmail, Flickr ou Reddit, ainsi qu’aux données d’autres plateformes.

Inscrivez-vous et créez des « recettes » entre différents services, comme ceux susmentionnés ou parcourez les milliers de recettes déjà développées par les utilisateurs pour découvrir la palette de possibilités offertes.

Quelques recettes disponibles pour Twitter sur le site IFTTT.com

Quelques recettes disponibles pour Twitter sur le site IFTTT.com

Il est important de garder en tête qu’IF obéit exactement à vos indications, sans la réflexion que déploierait un être humain. L’automatisation est formidable, dans une certaine mesure ; un réglage trop large des paramètres vous rendra la tâche compliquée à l’heure de trouver un signal d’intérêt médiatique dans le bruit des réseaux sociaux.

Adopter la bonne approche

Au cours des derniers mois, le public a exprimé de réactions négatives quant à la façon dont les journalistes ont approché des sources sur les réseaux sociaux. Le tweet concernant la fusillade mentionné précédemment a fait l’objet de dizaines de réponses de la part de journalistes souhaitant contactant l’internaute et de centaines de réponses d’utilisateurs furieux contre les journalistes s’efforçant simplement de faire leur travail.

C’est un sujet sensible et difficile, qui doit encore être ajusté. Mais surtout, il faut faire preuve d’intelligence.

Captures d'écran de Twitter, avec noms d'utilisateurs floutés.

Captures d’écran de Twitter, avec noms d’utilisateurs floutés.

Cet utilisateur de Twitter est un journaliste plutôt chevronné d’un journal local d’une grande ville, mais rien sur son profil ne l’indique, à l’exception des demandes régulières d’utilisation d’images. Son approche est l’équivalent numérique du fait d’enfiler une cagoule et de frapper à la porte d’un inconnu pour demander poliment s’il peut emprunter du sucre.

Mettez donc une photo et ajoutez quelques informations personnelles, et si vous n’êtes pas un utilisateur régulier de Twitter, partagez simplement des informations relatives à votre publication. Vous avez même la possibilité d’utiliser IF pour retweeter le compte principal de la publication avec laquelle vous collaborez.

Quant à l’approche elle-même, la plupart des organes de presse tendent à faire preuve de sympathie, vérifier si l’internaute est bien à l’origine du cliché, s’ils peuvent l’utiliser et se préoccupent de ce que la personne a traversé.

Comment la BBC a contacté un témoin de la fusillade du Umpqua Community College sur Twitter

Comment la BBC a contacté un témoin de la fusillade du Umpqua Community College sur Twitter

Cependant, beaucoup continuent à ne pas prendre la peine d’engager une conversation privée. Si vous avez la possibilité de discuter avec la personne par messages directs, courrier électronique ou téléphone, vous pourrez en apprendre beaucoup plus que par le biais d’un bref message sur un réseau social. C’est cette capacité à établir un lien qui définit les compétences du journaliste.

Vérification, vérification, vérification

Les gens partagent de fausses informations sur les réseaux sociaux pour deux raisons principales : acquérir des abonnés ou polluer volontairement l’actualité. Le travail du journaliste consiste à rapporter la vérité, il va donc sans dire qu’il est important de traiter n’importe quelle information publiée en ligne avec le même scepticisme sain qu’au téléphone ou en face à face.

Ce n’est toutefois pas toujours le cas. Par exemple, au cours des dernières semaines, d’importants organes de presse ont publié d’anciennes vidéos de turbulences de vol comme s’il s’agissait d’informations nouvelles et une vidéo mise en scène d’un vidéo-blogueur de voyage recevant un poisson sur la scène lors d’une tempête.

Dans certaines publications, la vidéo du poisson était accompagnée de quelques doutes quant à sa véracité, mais ce n’est pas toujours le cas et parfois pour des informations bien plus importantes. Aussi bien la fusillade de San Bernardino que les attentats de Paris en 2015 ont donné lieu à la publication d’informations fausses non vérifiées par des organes de presse.


La plupart des médias ont mis en doute la véracité de la vidéo de ce vidéo-blogueur de voyage, alors que d’autres soutenaient qu’il s’agissait d’une présentatrice météo au Pays de Galles. La trajectoire du poisson entrant dans le champ comparée au sens des vagues et le fait qu’il semble déjà évidé sont des éléments soulevant des questions concernant son authenticité.

Il est essentiel de déterminer la source, la date et la localisation de l’image. Trouvez la personne à l’origine de la publication d’une photo ou d’une vidéo, consultez son historique sur les réseaux sociaux pour voir s’il y a des incohérences avec ce qu’elle prétend et essayez de lui parler.

Mentionner les sources correctement

Télécharger une image ne requiert parfois qu’un clic droit, mais son auteur reste détenteur de droits et devrait être crédité en conséquence. Selon Storyful, l’agence de presse spécialisée en recherche d’images publiées sur les réseaux sociaux et obtention des droits de celles-ci pour les médias, la « grande majorité » des internautes requièrent uniquement que leur nom soit mentionné.

Communiquer avec l’auteur afin de déterminer la manière dont il souhaite être crédité est essentiel et peut donner lieu à des informations qu’une photo ou une vidéo ne peut pas offrir. Cependant, les journalistes ont toujours une responsabilité envers leurs sources.

Prenons le cas d’une vidéo de la catastrophe aérienne de Shoreham au Royaume-Uni en août 2015 dans laquelle nous pouvons entendre la personne qui filme rire alors que des véhicules et des corps brûlent dans la rue. L’homme, qui vient d’être témoin du crash d’un avion de chasse sur une route fortement fréquentée, se trouve de toute évidence en état de choc. Toutefois, certains médias ont diffusé le son de la vidéo et les informations de son compte, donnant lieu à de « graves abus » sur Twitter.

Les journalistes devraient avoir pleinement conscience des répercussions potentielles de la diffusion publique d’une information. Ils peuvent protéger leurs sources des conséquences du battage médiatique ou, dans certains pays, de véritables dangers auxquelles elles peuvent faire face.

Développer un sentiment de communauté

Offrir aux sources en ligne le même respect qu’aux sources traditionnelles permet d’assurer leur sécurité, de vous rapprocher du sujet et de les conserver comme possibles sources pour de futurs sujets. Les reporters consacrent beaucoup de temps et d’efforts à soigner leurs sources et à développer leur carnet d’adresses au fil de leurs rencontres. Ils peuvent faire de même avec les personnes rencontrées en ligne. Il peut s’agir de simplement suivre les informations, vérifier l’état de santé d’une personne après un accident ou un traumatisme, ou être actif dans les communautés en ligne, d’où peuvent surgir des informations.

C’est cet élément de communauté qui a toujours guidé le journalisme de proximité. Avec l’apparition des réseaux sociaux, le journalisme est passé d’un moyen de diffusion à une conversation et, même si par le passé cela s’est vérifié plus souvent dans les médias locaux que dans la presse nationale, associer compétences traditionnelles et nouveaux services numériques peut faire la différence pour que le journalisme aille au-delà de la simple transmission d’informations et représente une force positive au sein d’une communauté.

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